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Dans le cartable des profs : clichés sur les dessous du métier d'enseignant !

  • Photo du rédacteur: Christabel
    Christabel
  • 15 janv. 2018
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 déc. 2022


Vous avez toujours rêvé de connaître l'envers du décor, de savoir tout ce qu'il se passe en classe du côté des profs ? Aujourd'hui je vous propose un retour sur les bancs de l'école, mais du point de vue de l'instit' cette fois-ci, en 4 attentes versus réalité, décortiqués par mes soins (note de mon moi du futur : après deux ans d'études pour travailler dans le domaine, j'ai changé de voie) ! Attention alerte : cet article contient beaucoup de dérision, ne prenez pas tout au premier degré ! 


1) Etre prof, c'est être en vacances la moitié de l'année.

Pâques, Carnaval, vacances d'hiver, d'été... C'est à se demander quand iels travaillent ! Malheureusement, la réalité est bien différente, puisque la journée ne s'arrête pas quand la cloche sonne la fin des cours et que l'année ne s'arrête pas en juin. Et oui, parce les leçons ne vont pas se préparer toutes seules et que le tas de copies, haut comme la Tour Eiffel, qui trône sur le bureau, ne va pas se corriger par magie (si seulement) ! C'est ça être instit' : c'est ranger sa classe à la fin de la journée, remettre les chaises, fouiller dans le banc après le cahier de français parce que Ludivine n'a pas rendu le sien, c'est rentrer chez soi avec un tas de feuilles de la taille d'un bon syllabus de médecine sous le bras. Il faut également préparer les leçons des jours suivants, et Dieu sait que c'est long : entre se renseigner sur tous les points matière (pour préparer toutes les éventuelles questions auxquelles on pourrait avoir à répondre), inventer des exercices amusants permettant l'apprentissage et réfléchir à toutes les difficultés que l'enfant va avoir, les nuits blanches vont devenir les meilleures copines du prof.


Et puis, quand il est ENFIN en vacances, il ne peut pas s'empêcher de penser à ses petits loups : "Tiens et si je ramenais des coquillages pour...", "Oh ce musée est vachement sympa, il faudrait y aller avec les enfants...". Puis il retourne à l'école pour préparer une jolie classe, il prépare encore des nouvelles leçons... BREF, même en vacances, iel travaille ! Ce que, bien sûr Roger, son mari (ou Monique, sa femme) ne comprend absolument pas : "Ben ouais c'est les vacances, détends-toi un peu". Mais non Roger, on ne peut pas se détendre, septembre c'est dans deux mois et j'ai encore 182 jours de cours à préparer moi ! 


2) Les parents d'élèves sont tous·tes super sympas.

Oui, parce qu'en plus des leçons, corrections et autres diverses choses à faire, il ne faut pas oublier les réunions parents-profs et là, qu'est-ce qu'on se marre!


Les parents, ce sont tes meilleurs ami·es, comme tes pires ennemi·es. Tu arrives tranquillement à ta première réunion, tu es confiant·e parce qu'après tout c'est toi le prof, tu représentes le savoir et l'autorité (alerte cliché !), ton statut impose le respect. Tu bois un p'tit café, tranquillement avec certain·es et puis... il y en a d'autres qui viennent t'apprendre ton métier. Outre ta façon, très mauvaise, de donner cours, les exercices trop difficiles que tu donnes, le PIRE reste quand tu as le malheur de mettre un mot dans le journal. Dans notre société actuelle, les enfants sont sacrés, mieux vaut ne pas oser leur faire une remarque sinon... gare aux papas et/ou aux mamans. Parce que bon "Ok Thimothy a planté son compas dans le bras de sa voisine, mais il s'exprime le petit"


J'en parle ici avec humour, mais il est quand même important de savoir que la plupart des jeunes professeurs qui arrêtent le métier le font à cause des parents d'élèves. Alors, les parents d'élèves : soyez cools ! On ne vient pas chez vous pour critiquer votre façon d'éduquer vos enfants, nous. 


3) Si on ne veut pas travailler, il suffit de donner des exercices aux enfants.

La semaine a été dure? C'est vendredi après-midi et vous vous dites que vous n'avez pas envie de donner cours ? Alors il suffit de donner un gros dossier aux enfants à faire en classe et hop, vous pouvez reprendre incognito votre partie de Candy Crush sur votre portable. Il s'agit, ici encore, d'un cliché persistant du métier. Donner des exercices, ce n'est pas se simplifier la vie, bien au contraire. Pour un peu mieux comprendre l'ampleur du travail, analysons ensemble un petit problème :


" Monsieur Jean Neymar a une classe de vingt élèves devant lui. Il leur donne deux feuilles, recto verso, à chacun. En sachant que le temps de correction d'une feuille est d'environ cinq minutes, après combien de temps Mr Neymar aura-t-il terminé de tout corriger ?" La réponse : Après 200 minutes, soit 3 heures et 20 minutes.


Cela vous semble exagéré ? Cinq minutes par copie ce n'est pas grand chose. En comptant que Julie s'est lancé le défi d'écrire le plus petit possible, qu'on ne sait même plus si Agathe écrit à l'envers ou à l'endroit et que l'on passe une bonne partie de la soirée à chercher à qui appartient la feuille sans nom (quand il n'y en a qu'une), on arrive assez rapidement aux trois heures de correction.


Petite astuce : pour aller plus vite, on peut corriger deux feuilles en même temps en comparant les réponses. Il y a peu de chance que deux enfants (qui ne sont pas voisins) aient fait la même erreur. Si les réponses sont les mêmes, c'est qu'ils ont la bonne réponse (à vérifier tout de même), si elles sont différentes, il suffit de regarder qui s'est trompé. Vous gagnerez ainsi un temps considérable. 


4) Les enfants sont plus détendus après la récré.


Il est 11h56, vous êtes exténué·es, les enfants sont agités et il n'y a plus moyen d'avoir le calme. Heureusement, le temps de midi arrive ! Quoi de mieux qu'un bon bol d'air pour se défouler et revenir en classe, prêt·es à se concentrer ? Malheureusement la récréation a souvent l'effet inverse sur nos petites têtes blondes. De retour en classe, nous ne sommes plus face à des enfants mais à de véritables petites furies, agitées et surexcitées (surtout après le temps de midi). Impossible alors d'imaginer donner une leçon plus difficile dans cette ambiance de classe. Cela explique sans doute pourquoi la plupart des professeurs donnent des leçons plus complexes le matin et plus légères l'après-midi.


Petite astuce : lire une courte histoire avant d'entamer la leçon permet de lier l'utile à l'agréable. En effet, cela plaît toujours aux enfants et les fait, l'air de rien, se concentrer à nouveau. C'est même une bonne occasion de discuter de la morale de l'histoire et de partager son avis de manière collective. Pour ma part, je lisais la première moitié d'un texte le matin (en le coupant judicieusement pour instaurer un petit suspens) et je le terminais après le temps de midi. Ce rituel sert de passage, en douceur, entre le temps du jeu et le temps du travail. Et cela marche plutôt bien !


EN CONCLUSION : 


Malgré toutes ses difficultés, le métier d'enseignant·e n'en reste pas moins un métier incroyable, exercé par des passionné·es. Peu mis en avant dans notre société, parfois dénigré et non considéré à sa juste valeur, n'oubliez pas qu'être enseignant·e, en plus d'apprendre de nombreuses matières aux enfants, c'est également les former à la vie future, en leur apprenant également de nombreuses valeurs positives. Dans la vie d'un enfant, un·e instituteurice est tout aussi important que les parents. Et si on leur envoyait tous un peu d'amour ?


Christabel.

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