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Comment améliorer ses descriptions ?

  • Photo du rédacteur: Christabel
    Christabel
  • 26 févr. 2022
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 déc. 2022


S'il n'existe pas de recette miracle avérée pour écrire un best-seller (cfr mon post "Ecrire un best-seller, être le meilleur auteur : comment faire ?", sur mon Instagram), il n'en n'existe pas plus pour écrire un bon roman. Alors que faire, quand on est auteurice, et que l'on veut mettre toutes les chances de son côté, pour que nos histoires soient plaisantes à lire, si aucune méthode infaillible existe ? Personnages, intrigues, dialogues... ils sont nombreux les points qui méritent notre attention, et notre travail acharné, lors de la conception de notre livre. Aujourd'hui, nous allons nous pencher plus particulièrement sur les descriptions, et sur comment les améliorer, grâce à quelques conseils qui ont radicalement changé ma manière d'écrire, et qui pourraient peut-être enrichir la vôtre, également.



Le choix des mots


Un roman, en règle générale, est composé à 99,9 pour cent de mots - sauf exemples rares auxquels je ne penserais pas - et 0,1 pour cent de chiffres, pour la pagination. En tout cas, c'est l'approximation purement sortie de mon cerveau que j'en fais. De fait, le choix des mots et leur usage est primordial, dans un manuscrit et il est intéressant de se questionner, à un moment ou un autre, sur le style que nous voudrions avoir en tant qu'auteurice. Pour pimenter mes descriptions, à titre personnel, il existe deux exercices auxquels j'aime bien m'astreindre, à ce sujet et que j'aimerais partager avec vous, dans ce point.


Tout d'abord, j'essaie le plus souvent possible de ne pas aller directement à l'évidence, dans mes phrases, sans trop tourner autour du pot pour autant, et d'utiliser des synonymes. "La nuit avait étendu ses bras sur la campagne" ; "La terre buvait le crachin, qu'un ciel cotonneux déversait sur elle". J'aurais pu dire, à la place, que la nuit tombait, ou qu'il pleuvait par temps gris. Les informations données restent les mêmes, seule la manière de les écrire change, et c'est ce que j'adore avec l'écriture : on peut faire dire tout ce qu'on veut, de la manière qu'on veut, aux mots. Attention, parfois, avec ce genre d'exercice, la limite entre poésie et lourdeur devient mince, et vite franchie, mais, personnellement, j'apprécie lire et écrire des descriptions de ce genre. Bien évidemment, si vous préférez avoir recours à un style plus simple (attention, simple ne veut pas dire simpliste), libre à vous de favoriser des phrases plus directes et/ou plus courtes. Ou d'alterner les deux !


Dans un second temps et, comme j'en parlais dans mon article "Les outils gratuits pour auteurs dont je me sers tout le temps", j'adore enrichir ma culture personnelle de nouveaux mots, pas toujours très complexes, mais parfois moins connus, et les restituer dans mes romans. Apprendre en lisant, c'est grisant pour moi, et je tenais à rendre ce plaisir à ceux et celles qui, comme moi, aiment découvrir un vocabulaire qu'iels ne connaissaient pas. Ce qui est rassurant, c'est de savoir que, même sans en avoir la définition exacte, les lecteurices pourront toujours comprendre ces nouveaux termes, grâce au contexte (ou à Google si, vraiment, iels ne sont pas sûr(e)s). Alors, si c'est ce que vous aimez, pourquoi se priver ?



Faire des descriptions parlantes


Comment rendre ses descriptions plus parlantes, ou mémorables ? Parmi toutes les réponses possibles et inimaginables que l'on peut trouver sur le web, deux conseils sortaient du lot, pour moi et ont retenu mon attention. Ceux-ci préconisaient la chose suivante : essayer de donner du sens et de la profondeur à ses descriptions. Mais, concrètement, comment on fait ?


I. Décrire oui, mais pour quoi faire ?


Tout d'abord, réfléchissez au but de votre description, et il peut y en avoir plein. Décrire pour décrire n'a que peu d'intérêt, et cela se sent très vite, à la lecture. Alors, pourquoi le faites-vous, à cet instant, dans votre texte ? Est-ce pour donner un type d'ambiance particulier : qu'elle soit hostile, effrayante, ou légère ? Est-ce que c'est pour placer un élément dans le décor, qui servira plus tard à l'intrigue, ou bien encore pour faire interagir votre personnage avec son environnement (au lieu de décrire un lieu dans le détail, on va se focaliser sur les éléments essentiels de la pièce) ? Attention cependant, s'il faut éviter les descriptions inutiles, il faut également veiller à ne pas tomber dans l'effet inverse : ce que l'on appelle le "White room Syndrom" (le syndrome de la pièce vide). Si votre action peut tout aussi bien se dérouler dans une cave que le long d'une route, sans que le lecteur n'en n'ait aucune idée, c'est qu'il y a un manque à pallier quelque part.


Vous l'aurez compris, tout est donc dans la mesure : ne rien détailler est problématique, trop le faire, ou de manière inutile, l'est également. Mais qu'est-ce que j'entends exactement par inutile ? Voici un exemple qui pourrait vous aider à comprendre :


"Le coup de feu qui retentit à l'extérieur la fit tressaillir. Plongée dans la pénombre, la cabane de chasse pesait de toute son aura de mort sur elle. Lézardés de fissures, les murs recouverts de trophées semblaient se rapprocher inexorablement de sa silhouette prostrée et, face à elle, elle pouvait voir se dessiner son reflet apeuré, dans le noir abyssal du regard d'un cerf."


Dans cet extrait, la description a deux utilités propres : poser une ambiance, une atmosphère oppressante, dans un premier temps et faire transparaître la peur du personnage (tressaillir, apeuré, l'impression que les murs se rapprochent), mais également faire interagir l'héroïne avec son environnement (elle entend le coup de feu, elle est prostrée dans un coin, elle voit son reflet), dans un second temps. Cette description, si je n'ai pas la prétention de la déclarer réussie, est toutefois utile. J'aurais pu préciser qu'elle était dans les bois (ce que la cabane de chasse sous-entends déjà), qu'elle est traquée (on le comprend à sa peur du coup de feu et à son attitude, elle se cache), j'aurais pu également détailler l'ensemble des trophées dans la pièce : parler des têtes de renard, de cerf, de martre, décrire l'ensemble du mobilier qui l'entoure... mais ces informations, quant à elles, s'avèrent superflues, voire redondantes et n'auraient pour but que de décrire pour décrire, elles sont donc ce que j'entends par "inutiles". Avec ces éléments en tête, interrogez vos propres descriptions : quel est leur but, sont-elles utiles ? Il sera toujours temps de les remanier par la suite, si la réponse ne vous plaît pas.


II. Des descriptions en 3D


Maintenant que vos descriptions ont une fonction dans votre texte, comment les rendre plus prenantes encore, et leur donner un air de réel ? En se focalisant sur les cinq sens de vos personnages, pardi !


S'il est d'usage d'avoir très souvent recours à la vue, pour décrire ce qui entoure les protagonistes et ce qu'ils voient, la plupart des autres sens restent injustement les grands oubliés de la littérature. Mis au bagne, le goût ! À la cave, le toucher ! Piétinée, l'ouïe ! Et ça, bah moi, ça me rend chafouin... Comment ça j'exagère, et je généralise ? Vous l'aurez compris, même si j'ai fortement grossi les traits pour la satyre, décrire un environnement en se basant sur un, ou plusieurs autres sens que la vue (on n'est pas obligé de tous les utiliser, à chaque fois, non plus) est un bon moyen d'accentuer le réalisme d'une scène. Le bruit de jeux d'enfants qui viennent entrecouper une discussion, l'odeur alléchante des burgers en se promenant dans une ruelle, le toucher rêche d'un essui qui a séché dehors, le vol agaçant d'une mouche dans la pièce... Même si nous ne nous en rendons pas toujours compte, nos cinq sens captent et nous envoient des informations en continu, peu importe le contexte. Les possibilités d'utilisation sont donc nombreuses, bien qu'il ne soit pas nécessaire d'y avoir recours à chaque fois, et apporteront une petite touche en plus qui pimentera vos descriptions, et qui aidera vos lecteurices à se projeter plus facilement dans la scène. Si, dans mon exemple un peu plus haut, mon héroïne se sert de son ouïe et de sa vue pour appréhender son environnement, j'aurais tout à fait pu accentuer ma description autrement, en parlant du tapis à l'odeur de poussière contre lequel elle est appuyée, des démangeaisons qui proviennent de ses avant-bras, couverts d'égratignures, du son sinistre des branches qui fouettent la fenêtre de la cabane, secouée par la tempête, etc., etc. En fonction des émotions et des ressentis que vous voulez faire passer à travers vos descriptions, c'est à vous de choisir quels sens, et combien, vous allez exploiter, tout simplement.


III. Sentir, mais aussi ressentir


Si vos personnages sentent, ils ressentent également beaucoup d'émotions, que vous aurez sans doute envie de retranscrire dans vos descriptions. Pour se faire, deux points d'attention méritent d'être soulignés.


Tout d'abord, veillez à ce que les informations que vous donnez soient cohérentes avec le point de vue auquel le récit est écrit. Votre narrateur ne saura pas et ne dira pas autant de choses, ni de la même façon, s'il est interne, externe, ou omniscient, par exemple. Une narration qui n'a accès qu'aux pensées d'un seul protagoniste ne pourra donc pas se mettre à subitement parler des émotions, ou du débat intérieur qui ronge le personnage qui lui fait face. Après écriture, prenez donc bien le temps de vérifier que personne n'en sait plus qu'il ne le devrait, c'est un détail qui a toute son importance et qui peut vite faire sortir un·e lecteurice de sa lecture, s'iel remarque des incohérences !


Dans un second temps, focalisez-vous sur la manière dont vous allez retranscrire les émotions de vos personnages dans votre roman. Mentionner, pendant une description, que votre héros est triste, en colère, ou a peur s'avère être beaucoup moins impactant, pour votre lectorat, que de le montrer par ses réactions physiques (cela s'appelle le Show vs Tell). En plus de partager les réflexions intérieures qu'un tel peut avoir (si votre narration est compatible avec ce point), appuyez ses sentiments par des mimiques, un comportement ou une manière de s'exprimer en adéquation avec ce qu'il ressent. L'héroïne de mon exemple a peur, pourtant je ne le mentionne jamais explicitement, alors comment l'avez-vous su ? Tout simplement grâce au sous-texte : elle tressaille, elle est prostrée, a l'impression que les murs se rapprochent dangereusement d'elle... bref, on comprend qu'elle ne vit pas sa meilleure vie. Un show (montrer) est souvent beaucoup plus subtil qu'un tell (dire), et permet une meilleure identification et implication dans l'histoire de la part de celui/celle qui vous lira. Mais, bien sûr, vous n'êtes pas obligé·e d'utiliser systématiquement ce procédé à chaque fois que vous voulez décrire les émotions de vos personnages, faites-le lorsque vous souhaitez impacter réellement les lecteurices, leur faire éprouver de l'empathie, ou leur faire partager les sentiments du personnage. Voire plus souvent, si affinité... c'est vous qui voyez !



Quelle longueur ?


Quelle longueur doivent faire vos descriptions ? Cette question est complexe, car il n'y a pas vraiment de longueur précise, ou universelle, convenue, pour faire une bonne description. La réponse est même plutôt subjective, car elle va dépendre de l'appréciation de chacun·e. Un tel préfèrera des descriptions brèves, sans fioritures et qui vont droit au but ; une telle appréciera d'avoir tous les détails pour mieux se figurer un lieu, un personnage, ou une ambiance particulière. Dans tous les cas, la décision vous revient, car c'est votre roman. Néanmoins, un bon moyen d'équilibrer le tout, si vous le souhaitez, est d'éviter les blocs de description, qui peuvent rendre la lecture indigeste. Espacez votre texte avec un dialogue, une pensée, réduisez un point à l'essentiel... En aérant votre paragraphe, vous éviterez ainsi le pavé de plusieurs pages (bon, j'exagère un peu) qui peut faire peur, vous rendrez la lecture plus fluide et dynamique, et vous couperez l'envie de lire votre histoire en diagonale, aux petit·es fripon·nes qui n'aiment pas les longues descriptions (même si on ne peut pas leur en vouloir) !



Décrire ses personnages


Lorsqu'un nouveau personnage fait son entrée dans un roman, la tentation est grande de déballer fissa tout son curriculum vitae, de faire le tour de son apparence physique, dans le détail, et de crier haut et fort toutes les raisons qui vous font l'aimer de tout votre cœur, votre héros. Et là, j'exagère à peine, on est beaucoup à le faire... et je vous vois ! Que vous soyez friand·e ou non de longues descriptions, se lancer dans celle de ses personnages est un exercice à haut risque. Comment être subtil·e ? Comment ne pas lasser ses lecteurices, en en disant de trop ? Comment rendre l'apparence de son personnage mémorable, pour le public ?


À ces interrogations, j'aimerais vous répondre par d'autres questions (oui, je suis sadique). À quoi ressemblait précisément votre dernier ou votre dernière client·e de la journée (ou prof, ou voisin·e de bus, ou passant·e croisé·e dans la rue, ou ...) ? De quelle couleur étaient ses yeux, ses cheveux, comment était-iel coiffé·e, habillé·e, de quelle forme était son lobe d'oreille, était-iel maquillé·e ? Sans être mentaliste, je peux deviner que seule une minorité sera capable de répondre correctement à tout ceci, et à juste titre, peu de monde prête vraiment attention à ces détails. Ne vous êtes-vous jamais demandé de quelle couleur étaient les yeux de votre prof de math, ou comment votre collègue était habillée aujourd'hui, parce que vous n'y aviez pas été attentif ou attentive ? La plupart du temps, nous regardons les gens sans les voir, ou en tout cas sans les considérer par des détails de leur apparence, à moins d'une particularité physique qui retiendrait notre regard. Alors doit-on vraiment tout décrire, dans un roman ? Et si, au lieu de nous concentrer sur le superflu (il sera toujours temps de glisser, plus tard, que le palefrenier de sa majesté a les yeux marrons), on cherchait le petit détail qui rend notre personnage si unique ? Votre palefrenier a-t-il une cicatrice visible, une démarche ou une manière de parler particulière, un signe distinctif, des yeux vairons, etc. ? Ne vous contentez pas du physique "classique" de vos personnages, mais creusez un peu plus, soyez original·e, vous les ferez ainsi sortir du lot et les rendrez plus marquants, aux yeux de vos lecteurs et de vos lectrices.



Conclusion


Comment améliorer ses descriptions, quelle longueur doivent-elles faire et à quoi veiller pour les rendre impactantes ? J'espère que cet article et ses conseils auront pu vous amener une ébauche de réponse intéressante et quelques pistes qui nourriront votre réflexion, à ce sujet. D'autres astuces que vous aimeriez partager ? Envie d'en dire plus sur un conseil que vous avez aimé, ou non ? Venez me retrouver dans les commentaires, pour échanger !


Christabel.



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