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Kaamelott Premier Volet : avis (avec spoilers) & théories

  • Photo du rédacteur: Christabel
    Christabel
  • 28 juil. 2021
  • 23 min de lecture

Dernière mise à jour : 23 déc. 2022


Il y a tout juste une semaine (ou huit jours, à une vache près, si l'on compte le soir de l'avant-première), Kaamelott Premier Volet sortait dans nos salles obscures. Un film hautement attendu par ses fans, en témoignent les deux-cent-mille tickets écoulés rien que pour la première diffusion et les plus d'un million d'entrées au box office en l'espace de sept jours seulement. Un beau démarrage pour une saga, prévue en trois films, qui aura fait patienter ses fans durant plus de dix longues années. Retour sur une expérience captivante de deux heures, et sur ce que j'en ai pensé. Attention, cet article ne contient pas de spoilers, il est un gigantesque spoiler à lui tout seul ! Pour ceux et celles qui continueront la lecture, je partirai du principe que vous avez vu le film (ce qui, on ne va pas se mentir, risque d'aider grandement à suivre mon propos), ou que vous vous en fichez de découvrir, avant de le voir, ce qu'il se passe dans le film. Vous êtes prévenu·es !



Genèse Arthurienne


Mais, avant de commencer, un petit rappel de circonstance s'impose. Alors, Kaamelott, qu'est-ce que c'est ? Kaamelott, c'est avant tout six saisons - six livres -, retraçant à travers des personnages hauts en couleur et complexes les aventures des chevaliers de la table ronde, autour de la quête légendaire du Graal. Diffusée de 2005 à 2009, c'est donc une version revisitée de la légende Arthurienne que le public découvre avec la série, à la télévision. Sous forme de courtes capsules humoristiques à l'origine, le format va peu à peu varier en même temps que les intrigues se complexifier, pour terminer en apothéose avec une saison 5 et 6 sous forme de courts-métrages de plusieurs épisodes de près d'une heure chacun. Portée et créée par Alexandre Astier (l'auteur-acteur-réalisateur-monteur-compositeur-.... du projet), il aura fallu plus de dix ans pour que la série puisse se poursuivre au grand écran, comme en avait toujours rêvé son créateur - et ses nombreux et nombreuses fans. Alors, après toutes ces années, que ressort-il du premier volet de la suite de Kaamelott ?



Avis général


Ce ne sera une grande surprise pour personne pourtant, je l'annonce, de manière générale j'ai grandement aimé ce premier film (avec des nuances à apporter tout de même, comme vous le verrez plus loin). J'ai donc été amenée à le voir trois fois en salle, des visionnages qui auront été nécessaires pour mieux comprendre les motivations de certains personnages, qui me semblaient floues au premier abord, ainsi que quelques choix scénaristiques, mais qui restaient avant toute chose un moment agréable que je souhaitais passer et un plaisir. Un plaisir qui m'aura également permis d'étoffer mes propos dans cet article et de réfléchir à quelques théories intéressantes... Et si on passait dans le vif du sujet ?



Un coup de cœur avant tout


Au risque de ne pas faire dans l'originalité sur ce point de ma critique, je partage l'avis de nombreuses personnes ayant vu le film et tiens à saluer plusieurs éléments essentiels qui m'ont fait apprécier ma (mes) séance(s).


Tout d'abord, la présence de nombreux acteurs qui, pour le dire sans détour, crèvent littéralement l'écran (avec une mention très honorable à Guillaume Gallienne, ainsi qu'à Sting et son acolyte Saxonne, Jehnny Beth).


Un autre aspect du film m'ayant coupé le souffle est, sans manquer, la qualité et la beauté de la photographie ainsi que celle des décors utilisés et leur immensité. La caméra utilisée lors du tournage y est pour beaucoup, le soin apporté à la colorimétrie également (je reviendrai sur ce point un peu plus tard).


Quant à la bande originale, composée par Alexandre Astier himself (l'homme est tellement polyvalent que je m'attendais sérieusement à le voir derrière la vitre de la billetterie à chaque passage au cinéma), je l'ai trouvée sublissime et en parfaite adéquation avec les scènes présentées (pas étonnant lorsque l'on sait qu'elle a été créée comme la clé de voûte de l'histoire). Avec un beau coup de cœur pour moi pour les passages d'Arthur à la tour, Arthur et les musiciens et Horsa!


Enfin, et c'est ce qui fait l'essence de la série pour beaucoup de fans, des lignes de dialogue croustillantes qui ne manquent pas d'arracher au public de nombreux rires. Comme Alexandre Astier l'a déjà raconté dans plusieurs interviews, son travail d'écriture a toujours été axé sur les acteurices avec lesquels il travaillait. L'auteur écrit donc pour et avec les acteurices, cela se ressent ! Le charme des personnages et leur manière si particulière de s'exprimer, chacun·e différemment, reviennent rapidement, soulignés par des jeux d'acteurs plus que convaincants... à une exception près? Je reviendrai sur ce point un peu plus tard également, avec une petite théorie de mon cru (avez-vous déjà deviné à qui je faisais référence ?).



Film pour les fans ou fan service ?


Beaucoup ont reproché au film, après son visionnage, d'offrir beaucoup de fan service dans ses dialogues, en recyclant de vieilles répliques "pas très recherchées car dans un style existant déjà". C'est un avis qui se défend, ce n'est pourtant pas le mien. A. Astier a exprimé, dès le départ, sa volonté de proposer un film qui pourrait être vu, sans avoir suivi l'histoire de la série, un film accessible à un public nouveau. S'il est évident que l'effort a été fait (des indices sur les événements passés sont disséminés tout du long dans les lignes de texte), cela restait malgré tout un exercice difficile. Beaucoup d'éléments d'intrigue sont à (re)présenter au public, tout comme les protagonistes.

Alors, film pour les fans ? En grande partie, oui. Car même si la trame générale reste compréhensible (j'ai bien cherché les détails lors des visionnages 2 et 3, pour me mettre à la place d'une personne découvrant Kaamelott), beaucoup d'éléments - importants à mon sens - pourraient encore échapper à la compréhension de l'histoire. Le travail fourni pour rendre le film accessible aux néophytes n'en reste pas moins colossal et palpable, je n'enlèverai pas ce mérite à l'auteur-réalisateur-... !

Fan service pour autant ? Non, pas vraiment. À mes yeux, les lignes de dialogue ont été écrites pour pouvoir dépeindre rapidement la personnalité de chaque personnage, à voir ses "stéréotypes" (bien que nous savons tous·tes ici qu'ils ne se résument pas qu'à ça, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit) et à contextualiser qui ils sont. Avec quelques maladresses parfois, notamment pour l'une des répliques de Perceval : "Non mais selon comment on compte, ça change tout", qui m'a semblée un peu hors contexte (oui, le Nord et le Sud, comment on est tourné ça change tout mais... les calculs ? Pour un as des maths comme lui, cela sonne effectivement plus comme un clin d'œil qu'autre chose), un art habituellement réservé au Roi Loth, qui met un point d'honneur à toujours taper à côté. Un personnage qui d'ailleurs n'aura brillé, dans ce premier volet, en grande partie qu'avec ses fameuses citations latines, toujours succulentes, certes, mais qui ne devraient pas résumer uniquement sa présence à l'écran.



Mais...


Attention, nous rentrons ici dans la partie de ma critique réservée aux points "négatifs" que j'aimerais évoquer concernant le film. Mais, avant toute chose, quelques petites remarques préliminaires.


Tout d'abord, je tiens à le rappeler, il s'agit de mon avis et il est donc, par extension, purement subjectif. Certain·es seront d'accord avec moi, d'autres non. Certain·es pourront peut-être même apporter un éclairage nouveau sur ma compréhension du film avec leur avis (avec des détails que j'aurais ratés, une hypothèse nouvelle, etc.).

Je n'ai pas la science infuse, je ne prétends pas avoir compris tout le film, ni tout ce qu'Alexandre Astier a voulu faire, exprimer... De mon côté, j'ai pu faire la part des choses entre mon ressenti personnel, ma vision de ce que je voulais qu'il se passe dans l'histoire et les choix artistiques et scénaristiques faits (lorsqu'ils sont voulus). Nous avions tous·tes des attentes sur le film, l'auteur a sa propre vision et connaissance de ce qu'il fait et veut faire. Evidemment tout n'est pas toujours comme on le voudrait, et je le vis bien ! Sans exemple, mes présentes explications sont sans doute encore un peu nébuleuses, mais je développerai tout ceci (vous me voyez venir), un peu plus bas !


Enfin, je tiens à préciser que mon avis a évolué (et je vous présenterai cette évolution dans les différents points) au fil du temps. Au deuxième visionnage, j'avais mieux compris certaines choses, avais commencé à émettre des hypothèses sur des incompréhensions précédentes, avais étoffé mes arguments, etc. En outre, ces "points négatifs" ne représentent qu'une vingtaine de pour cent de mon ressenti global. Ils seront plus développés que les points positifs, certes, mais seulement pour me permettre de mieux mettre en mots mon avis et vous faire comprendre mes ressentis. Et Dieu sait que j'ai eu du mal à pondre cet article, avec toutes les notes que j'ai prises - et qui partent un peu dans tous les sens -. Cela nous donne donc, au final, une note de quatre-vingt pour cent tout de même pour le film, gardons-le en tête !


Voici donc ce qui m'a "gênée" dans Kaamelott, premier volet et si malgré toutes mes mises en garde, vous prenez encore trop à cœur que j'aie pu trouver des choses d'ordre personnel à redire sur le film, il ne nous restera plus qu'à régler ça avec une partie endiablée de Robobrole en trois manches après votre lecture, vous êtes prévenu·es !



Un héros qui ne veut pas être là.


À la fin de la saison 6, nous pouvions apercevoir un Arthur qui semblait avoir repris du poil de la bête, enchaînant quelques passes de combat dans la demeure romaine de son ancienne maîtresse, Aconia, avec la promesse que « Bientôt, Arthur sera de nouveau un héros ». Il était donc surprenant et plutôt déroutant de constater que, finalement, le personnage est pratiquement traîné de force au début de l’histoire pour reprendre sa place sur le trône du royaume de Logres. Cela peut, certes, s’expliquer par le plaisir que prend A. Astier à aller là où les fans ne l’attendent pas, à différer volontairement de ce que les gens attendent de lui et du film, cela n’en reste pas moins déroutant de retrouver le personnage en totale opposition avec ce que l’on attendait de son retour. Sur ce point, j’ai toutefois bien conscience qu’il s’agit d’un ressenti personnel et des attentes que j’avais, moi, sur la suite des événements, nuance !


Lors du premier visionnage, je n’avais pas compris, non plus, le changement d’avis soudain d’Arthur à la table ronde (je l’ai compris plus tard, grâce à des vidéos qui parlaient du film, cela me paraissait d’ailleurs plus clair les fois suivantes, mais j’aurais aimé le comprendre au premier visionnage pour mieux appréhender le changement du personnage). C’est donc en voyant la nouvelle table ronde, plus modeste, humble, qu’il prend la décision de s’y asseoir et de s’intéresser à ceux qui y siègent. C’est sans doute également la présence d’enfants, ou de jeunes personnes, autour de celle-ci qui le pousse à changer d’avis. Face aux plus jeunes, Arthur a toujours voulu se montrer digne, courageux et le roi que tout le monde attendait de lui. En témoigne l’une des dernières scènes de la saison 6, lorsqu’Arthur doit fuir le royaume de Logres, recherché par Lancelot. Le personnage refuse alors de s’enfuir, même si la situation presse, avant d’avoir remis ses bandages (il porte toujours les traces de sa tentative de suicide), au cas-où ils croiseraient des enfants : « Je suis le Roi Arthur, je ne désespère pas. Jamais je perds courage. Je suis un exemple pour les enfants. » dira-t-il.


C’est également lors du deuxième visionnage du film que j’ai mieux compris pourquoi Arthur acceptait finalement d’accompagner Guenièvre jusqu’à la tour pour récupérer sa couronne de fleurs, alors qu’il semblait au départ trouver le prétexte ridicule. C’est en voyant la valeur symbolique de l’objet, et l’affection que cela traduisait de la part de Guenièvre qu’il change d’avis. Ces deux moments de remise en question, à côté desquels j’étais passée au début, donne pourtant une toute autre dimension au film et au personnage : Arthur peut encore changer et, honnêtement, je le souhaite, car certaines réactions de sa part dans le film ne le rendent pas toujours des plus sympathiques (voir paragraphe suivant) !


Comme je le développerai plus bas, le personnage ne semble jamais être ému de retrouver personne au cours du film, alors que nous, nous le sommes. À la fin, Arthur tente même de se suicider à nouveau, ce qui nous laisse nous demander s’il y a seulement eu une évolution de sa part depuis 10 ans (mais je reviendrai sur ces points plus tard, avec une théorie à ce sujet).


Ces points, bien qu’ils ne correspondaient pas à ce que j’avais envie de voir (on ne va pas se mentir, j’aurais préféré un petit câlin avec tout le monde et un Arthur plus déterminé que jamais à récupérer son trône), sont pourtant des plus cohérents avec la personnalité d’origine du personnage. Arthur est bougon, a tendance à la dépression et n’arrive pas, ou rarement, à voir l’affection que lui porte son entourage. En cela, A. Astier a très bien respecté l’identité même d’Arthur. Ce n’est peut-être pas le chemin que j’avais espéré voir le personnage emprunter, mais c’est fidèle à l’œuvre et je ne peux que comprendre les choix pris dans l’écriture par le papa de Kaamelott.



Un manque d'émotions fortes aux moments clés du film


Si j'ai trouvé le rire bien dosé (sauf exceptions, que voici ci-après) et présent durant les différentes scènes, j'ai personnellement ressenti un manque cruel d'émotions fortes aux moments où je m'attendais à en éprouver, et à plusieurs reprises. Je m'explique...


Lors du retour d’Arthur, on peut sentir à chaque fois de l’émotion de la part des personnes qui se retrouvent face à lui (Bohort s’évanouit, Perceval semble sous le choc, Merlin reste sans voix…), pourtant on ne ressent pas cette même émotion chez Arthur, qui reste toujours aussi bougon et peu intéressé par la situation (« C’est pas mes oignons », « Beaucoup de choses sont ridicules ici, mais pas ça »). Même si, à nouveau, cela colle plutôt bien avec la personnalité du personnage, cela vient tout de même un peu gâcher le plaisir des retrouvailles (j’aurais aimé être émue de ces scènes qui, à mes yeux, étaient importantes, cela fait 10 ans qu’ils ne se sont plus vus).


De même, lorsqu’Arthur se rend à la tour pour libérer Guenièvre (c’est quand même lui qui fait tout le boulot au final !), on peut sentir toute l’émotion de celle-ci en entendant sa voix, et en réalisant qu’Arthur est bien là, toujours vivant. Pour eux aussi cela fait dix ans qu’ils ne se sont plus vus. Pourtant Arthur se retire, presque sans un mot, laissant la place à un prétendant qui n’atteindra jamais le sommet de la tour et les retrouvailles s’arrêtent là. Heureusement, la seconde scène à la tour aura pu alléger ma frustration concernant ce moment !


Enfin, le même schéma se reproduit lorsqu’Arthur se rend au rocher pour reprendre Excalibur. Une sorte d’étrange marché les attend sur place, la foule est nombreuse, des gardes sécurisent l’accès et c’est une partie de Robobrole qui viendra leur offrir la possibilité de récupérer l’épée, sans trop de difficulté, ni sans trop s’attarder, car déjà nous sommes emportés en Carmélide. Alors, oui, c’est marrant de voir un jeu farfelu du Pays de Galles, avec les explications tout aussi loufoques de Perceval, mais ce n’était vraiment pas le bon moment à mes yeux, je voulais de la tension, sentir le doute d’Arthur à l’idée de récupérer l’épée après tout ce temps. Une scène plus intimiste, sans foule ni gags, axée sur le chemin d’Arthur jusqu’au rocher, un chemin tant intérieur qu’extérieur où, seul avec lui-même il doit lutter contre ses doutes, hésite une dernière fois, puis retire Excalibur aurait été beaucoup plus forte en émotion, en tension dramatique. (Je précise de nouveau qu’il s’agit encore ici de ressentis et d’attentes personnelles).


Ces mêmes scènes donnent également l’impression qu’il n’y a aucun « réel enjeu ». Tout se fait facilement, trop facilement, et il est difficile d’avoir peur pour nos héros. Rien ne semble vraiment grave, ni complexe, jusque dans la reprise de Kaamelott et le combat final entre Arthur et Lancelot.


J’ai beaucoup souri durant ces moments, mais j’aurais aimé également ressentir l’adrénaline, la tension qui se dégageait de ceux-ci, avoir la larme à l’œil aussi parfois. Malheureusement, ça n’a pas été le cas.


Toutes les scènes qui pourraient être fortes sont interrompues en prime, en témoigne, à nouveau, la scène où Arthur retire l’épée du rocher. Le peuple le reconnaît enfin, s’agenouille en murmurant son nom, on sent qu’il s’agit d’un moment important (bienvenu après la partie de Robobrole qui, bien que drôle, venait déjà amoindrir l’impact de la démarche d’Arthur : redevenir l’élu). Puis subitement, Excalibur se met à grésiller comme un jouet en panne et tout le monde se relève, déçu de voir que leur roi n’est sans doute plus à la hauteur de celui qu’il était avant. La défaillance de l’épée est très certainement la manifestation des doutes à ce moment-là d’Arthur quant à sa légitimité, est-il toujours digne d’être roi, le veut-il seulement ? Mais cela vient à nouveau couper une scène qui aurait pu être forte et symbolique dans le retour d’Arthur.



Les conséquences et les enjeux


Lors du premier visionnage, j’ai eu cette impression que rien de ce qu’il se passait à l’écran n’avait d’importance, ou plutôt de conséquence. En témoignait, à mes yeux, la scène où Lancelot suspecte Guenièvre de recevoir des lettres, cachées dans des gâteaux. Puis, l’histoire semblait s’arrêter là. Au second visionnage, j’ai mieux compris la tentative d’assassinat d’Arthur, plus tard dans le film, et cette impression s’est dissipée. Le prétendant de Guenièvre était dans les geôles car… avait été démasqué et arrêté par Lancelot. Cela faisait plus de sens à ce moment-là. Mais, comme expliqué plus haut, mon impression qu’aucun enjeu réel, « difficile » à surmonter ne soit montré ne s’est pas dissipée quant à elle.



Le gros désavantage du cinéma


S'il y a bien un gros désavantage à regarder un film plutôt qu'une série, c'est le temps accordé aux arcs narratifs des différents personnages qui la composent et celui passé à l'écran. Comment développer chacun en profondeur, ses objectifs, ses motivations et ce qu'il devient comme pouvaient le faire les six saisons de Kaamelott ? C'est impossible, ou en tout cas pas en deux heures. Si quelques nouveaux personnages ont pu venir s'ajouter à la collection des visages phares de la série, beaucoup d'anciens n'ont pas pu être très présents dans ce premier volet, enchaînant quelques scènes tout au plus.


Cet aspect ne m’aurait pas dérangée, de prime abord, sachant qu’il s’agit d’une trilogie, dont chaque film doit avoir une durée limitée (contrairement à une série, plus extensible dans le temps qu’elle prend). Il était dès lors évident pour moi qu’il était infaisable de tout approfondir. Seulement, l’enchaînement des scènes en lui-même, à coup de cuts violents, était tel qu’il a fini par me perturber. Les scènes se coupent, passent de l’une à l’autre trop vite. Arthur aide à libérer Guenièvre, le plan suivant s’arrête sur Excalibur qui, une fois ôtée du rocher, alors qu’on sent un moment de tension, laisse place à une arrivée en Carmélide, sans nous laisser savourer des retrouvailles qui devaient être croustillantes entre Arthur et ses beaux parents. L’action est coupée et on passe à autre chose, avec l’impression d’être passé à côté de moments importants en prime. L’enchaînement entre le baiser d’Arthur et Guenièvre avec l’attaque contre Kaamelott ne nous laisse même pas le temps de savourer pleinement leur nouvelle complicité. Et il en va ainsi lors de chaque événement clé du film. On a alors l’impression de voir une succession de scènes, sans que la transition ne se fasse en douceur. A. Astier a confirmé, lors d’une interview, avoir enlevé de nombreux plans au montage pour réduire la durée du film. Malheureusement, ces manques se font sentir, tant dans la durée de chaque plan que dans l’absence de certaines scènes importantes ou pour l’histoire, ou émotionnellement pour le spectateur. Vivement la version longue !


Cet enchaînement rapide se fait également ressentir ailleurs : des personnages sont là puis, tout d’un coup, disparaissent sans trop savoir ce qu’ils deviennent (notamment Bohort, encore présent dans les souterrains avant de ne plus du tout apparaître du film).


Pour la disparition de certains, on peut trouver des explications : celle du duc d’Aquitaine me semblait logique (contrairement à ce que beaucoup pensent) puisque son but secret, qui est laissé entendre dans le film, est d’amener Arthur exactement là où il l’a laissé, à proximité de la table ronde. Un grand dommage pour Venec et le personnage interprété par Guillaume Gallienne, que nous n’aurons pas assez vus à mon goût. Notre bandit préféré est-il toujours en Aquitaine, ou transporté comme promis dans la cage du chasseur de prime, dont on ne saura pas s’il aura finalement touché ses deux-mille pièces ?


Comme je le disais précédemment, il est difficile de développer tous les personnages en deux heures d’écran, les revoir même brièvement était donc agréable. En espérant maintenant les retrouver dans les suites, pour suivre ce qu’ils deviennent et découvrir où se trouvent certains grands absents du premier volet (un coucou à Yvain, dont ni les parents, ni la sœur n’ont l’air de s’inquiéter, mais pas étonnant quand on connaît la famille). J’éprouve une certaine impatience à voir, également, le développement de dame Mevanwi, entraperçue pendant le film et dont je pressens un bien plus grand rôle dans les suites, au vu de son potentiel, de son ambition démesurée, son désir de vengeance et des pouvoirs magiques qu’elle pourrait avoir acquis (et qu’elle semble avoir, notamment lorsque l’on voit la mystérieuse manière dont elle sait qu’Arthur a de la fièvre, par exemple). Je suis également curieuse de voir si la Dame du Lac occupera un grand rôle dans la suite, comme c’est le cas dans la légende Arthurienne, puisque sa présence dans ce premier volet se résume à une courte scène devant le rocher d’Excalibur, pour rappeler au public qu’elle a été bannie des dieux, puis… Et puis c’est tout.



Le rôle des flashbacks


Si beaucoup ont trouvé ces scènes hors-propos (notamment parce que les transitions entre la réalité d’Arthur et son passé n’étaient pas toujours évidentes, je l’accorde), je les ai pour ma part appréciées (bien que parfois trouvées un peu longues). C’est notamment grâce au premier flashback que l’on comprend d’où viendra, plus tard, l’idée d’Arthur d’utiliser la musique pour organiser l’attaque des Burgondes, grâce à cette phrase d’un chef romain « La guerre, c’est de la musique ». C’est aussi ces retours sur le passé d’Arthur qui permettent de comprendre, en partie, pourquoi celui-ci épargne Lancelot plus tard (c’est en tout cas l’une des raisons principales, mais sans doute pas la seule). Le moment où Arthur lève Excalibur au-dessus de sa tête est un parfait écho de la scène où, positionné sur le toit de Furadja, celui-ci fait tournoyer sa lance avant de transpercer froidement la femme. Cette violence, Arthur ne veut plus en faire usage et il laisse donc Lancelot s’enfuir. Un chemin intérieur qui aurait pu être beaucoup plus difficile à retranscrire à l’écran sans la présence de ces scènes.



Lancelot, le vrai grand méchant du film?


J'ai mis du temps à y venir (pour ma défense, j'avais beaucoup de choses à dire d'abord ^^), mais c'est sans doute la question que beaucoup se posent après avoir vu ce premier volet. Et c'est d'ailleurs ici que je vais commencer à vous énoncer mes petites théories, un moment que j'avais hâte de partager avec vous, je ne vous le cache pas.


Un costume ridicule, un jeu d'acteur vraiment... et une inaction désespérante de la part de celui qui nous est présenté, depuis le début, comme le grande tyran de l'histoire. Et si, en fait, c'était bien plus profond que cela ? Accrochez-vous !


Si le costume de notre cher Lancelot du Lac ne paie pas de mine de prime abord (rappelons que mêmes d'autres personnages le lui feront remarquer, comme Dame Mevanwi "Votre mépris du ridicule tourne à la témérité mon cher", ou encore l'archiviste, qui le qualifiera de gros lézard), il se pourrait que celui-ci cache bien plus qu'un accoutrement ridicule, en guise de gag visuel. Rendons à César ce qui appartient à César, c'est dans une analyse du teaser de Kaamelott que le vidéaste, Captain Popcorn, a soulevé plusieurs hypothèses que j'ai trouvées, pour ma part, plutôt convaincantes (je vous invite d'ailleurs à aller voir sa vidéo, pour des explications plus complètes).

Pour en faire un bref résumé, il est intéressant de remarquer que l'armure de Lancelot semble être faite de cuir de serpent, voire de dragon, un animal qui terrifie Arthur depuis des années, comme nous le savons. En outre, la raideur de son costume peut également laisser sous-entendre une certaine rigidité de sa part, témoin de son règne inflexible sur le royaume de Logres. Enfin, on pourrait également y voir une certaine paranoïa de Lancelot, l'habit le couvrant entièrement, jusqu'au cou et au bas de son visage, reflétant sans doute la peur qu'il éprouve d'être attaqué. Une paranoïa qui se reflètera jusque dans ses actes, j'y viendrai plus bas. Nous avons donc un Lancelot méfiant, qui s'est formé une carapace rigide qui le coupe et le protège du reste du monde. Lorsque l'on a vu le film, cette théorie prend tout son sens.


Pour être honnête, lorsque j'ai vu la bande-annonce de Kaamelott pour la première fois, j'ai été un peu crispée par la réplique de Lancelot ("Retrouvez-le, ou je vous fais tous pendre par les parties !"), qui me semblait terriblement fausse. Pourtant, j'ai toujours trouvé le jeu d'acteur de Thomas Cousseau (oui, oui, c'était de lui dont je parlais plus tôt) plutôt convaincant et m'étais facilement attachée au personnage dans les premières saisons grâce à ça. Je me suis donc demandée "Et si ce n'était pas l'acteur, mais le personnage qui jouait mal?", m'voyez la nuance ? Je suis donc allée voir le film avec cette question en tête et... banco, tous mes soupçons étaient confirmés ! Appelez ça du déni si vous voulez mais, à mes yeux, Lancelot n'était pas le méchant que l'on voulait nous vendre. Explications !



L'impuissance de Lancelot


Lorsque nous l'avions quitté dix ans plus tôt, Lancelot avait entrepris de brûler la table ronde et de pourchasser les anciens chevaliers du règne d'Arthur, sous l'influence néfaste de Méléagant. Quand nous le retrouvons, c'est un Lancelot qui semble subir sa vie plus que la mener qui nous apparaît à l'écran. Oubliés ses rêves de Graal et de rendre sa grandiloquence au royaume de Logres, en s'entourant des meilleurs, sa seule obsession : retrouver Arthur.


L’impuissance de Lancelot est palpable à de nombreuses reprises : lorsque les Saxons retrouvent Arthur, il réagit à peine, semblant ne pas savoir quoi faire ensuite. Puis, lors de la (vraie) attaque des Burgondes, lorsqu’il comprend ce qu’il se passe réellement, il reste démuni, ne réagit pas, même alors qu’il se fait bousculer par ses conseillers. Les seuls moments où l’on voit Lancelot prendre une décision, c’est lorsqu’il est comparé à Arthur (il donne l’île de Thanet aux Saxons car Arthur n’aurait jamais fait ça, se met en colère lorsque le roi Burgonde l’appelle par le prénom de l’ancien roi, ou encore lorsque Horsa lui fait remarquer qu’il est bien moins populaire que son prédécesseur). Lancelot ne vit que dans la comparaison avec lui, en voulant le surpasser, être bien meilleur. C’est son obsession pour Arthur qui le pousse à engager des mercenaires Saxons (il est d’ailleurs tellement obsédé par cette idée qu’il ne se rend pas compte que ses postes de guet sont vides à cause de cela). Par extension, c’est à cause de l’argent qu’il dépense pour payer ces mercenaires (et qui ne semble partir que là-dedans, si on en croit le discours de ses conseillers) qu’il est obligé d’augmenter les taxes. Et ce sont ces taxes qui écrasent le peuple Breton.


Lancelot est présenté comme tyrannique, mais le film ne nous le montre jamais comme tel. Selon le Duc d’Aquitaine, Lancelot condamnerait des enfants à mort. Est-ce une manière de dire que ce sont les taxes croissantes, et donc la précarité, qui finissent par les tuer, ou exécute-t-il réellement des enfants ? Comme rien n’est jamais montré, c’est difficile de savoir mais surtout, d’y croire. Bien évidemment, je n’oublie pas les autres éléments qui nous sont présentés. La taverne détruite, la table ronde qui a été brûlée (encore sous l’influence de Méléagant lorsqu’il a fait tout ça ?), ainsi que toutes les restrictions : sur les trajets, sur la lumière, sur le nombre de personnes dans une pièce, sur l’interdiction d’avoir des armes, etc. À mes yeux, tout ceci est une nouvelle preuve de la paranoïa de Lancelot. Tout ne tourne qu’autour de sa peur des révoltes, d’un coup d’état contre lui et de son obsession à l’idée de retrouver Arthur, d’être à sa hauteur, si pas meilleur dans ses actes et dans l’opinion publique. Ce sont les mesures qu’il prend pour se protéger de tout cela qui font souffrir le peuple Breton, devenant les victimes collatérales d’un homme qui ne se rend sans doute même pas compte de ce que ses décisions engendrent. Pour le reste, le personnage de Lancelot semble complètement démuni et impuissant, jusqu’à ne pas savoir quoi faire lorsqu’il tient Arthur dans ses geôles. Vu sous cet angle, j’aime énormément ce que cela dit du personnage qui, au lieu d’être un mou, un incapable, est simplement un être devenu obsédé par la présence fantomatique de son prédécesseur, au point d’en oublier les raisons qui l’ont poussé à vouloir le pouvoir à la base et l'homme qu'il était vraiment, à l'origine. Est-ce que je crois à une rédemption de Lancelot? OUI ! Et s'il pouvait reconquérir Guenièvre comme un homme sain d'esprit, par la même occasion, je me roulerais par terre de joie.


Lors du combat entre Arthur et Lancelot, un autre détail m’a frappée (pas littéralement, c’est une image, c’est… Je digresse !). Si le personnage tente un ou deux coups maladroits d’épée au départ, une fois qu’Arthur aura dégainé la nouvelle Excalibur, on se rend compte que Lancelot ne porte plus un seul coup durant le combat. Il se met en garde à plusieurs reprises pour se défendre, mais n’attaque jamais. Jusqu’au bout, une certaine impuissance se dégage de lui. Peut-être l’envie d’en finir avec le pouvoir également, qui le pousserait à laisser Arthur prendre le dessus sur lui ? Toutes les théories sont permises !


À la fin du combat entre Arthur et lui, Lancelot lui répète à plusieurs reprises qu’il est un incapable. Pour ma part, je l’ai vraiment ressenti comme un reproche que Lancelot se ferait à lui-même, exprimant à voix haute sa propre faiblesse, et son échec à faire mieux que son prédécesseur. Cependant, Arthur semble l’interpréter également pour lui, le menant à une nouvelle tentative de suicide (on le voit, peu de temps après le départ de Lancelot, regarder ses poignets, qui portent encore les marques de son acte). Arthur a été incapable de se tuer une première fois, il veut donc recommencer et ne plus se rater cette fois-ci. C'est une interprétation possible, en tout cas.


Théorie : la place des dieux dans le film


Dans ce premier volet, les dieux ont un rôle bien plus prépondérant que l’on pourrait le penser et leur présence se traduit par ces brusques changements de météo que l’on peut remarquer à deux reprises. Lorsque Lancelot morcelle le royaume de Logres pour offrir l’île de Thanet aux Saxons, dans un premier temps, le ciel devient subitement noir et un vent souffle violemment les bougies de la pièce, manifestation de la colère des dieux à cet instant précis du film. Plus tard, lors du combat entre Arthur et Lancelot, le phénomène se reproduit. Lancelot dit à Arthur que la rumeur court qu’Excalibur a perdu ses pouvoirs et que les dieux ne seraient plus du côté d’Arthur Pendragon. Alors qu’Arthur s’apprête à dégainer son épée, le ciel s’obscurcit et il est touché par un éclair, modifiant subitement l’éclat d’Excalibur, qui vire au noir et aux bleus. Les dieux font-ils cela pour contredire Lancelot ? (En passant, avez-vous noté le bruit particulier que fait Excalibur et le nouvel éclat qu'elle prend lorsqu'elle touche accidentellement Lancelot, qui se relève?). La question peut se poser en tout cas. Pour aller plus loin, je dirais même que leur implication pourrait être même bien plus grande encore, allant jusqu’à provoquer le retour de Méléagant, que l'on découvre dans la scène post-générique (oui, pour Kaamelott c'est comme pour les Marvel les enfants : toujours rester jusqu'à la fin !). Après tout, la première fois, la Réponse s’est manifestée après une insulte au ciel, ce qu’a fait deux fois Lancelot dans le film. Les deux événements seraient-ils liés ?



Théorie : la scène post-générique de Méléagant


Son retour n’est pas le meilleur des présages, tout le monde s’accordera à le dire, mais je me demande dans quelle mesure son influence pourrait à nouveau peser sur Lancelot et/ou Arthur dans la suite de la trilogie. Lancelot n’est-il vraiment méchant que sous l’impulsion de la Réponse (comme j’essaie de le démontrer un peu plus haut) et essaiera-t-il de récupérer un Kaamelott repris un peu trop facilement (sans résistance en tout cas), ou au contraire voudra-t-il se racheter, avec peut-être l'aide de la Dame du Lac, son ancienne nourrice ? Quant à Arthur, n’a-t-il justement pas « évolué » (toujours suicidaire et refusant d’être roi) dans ce film, uniquement pour pouvoir mieux le faire face à Méléagant, en arrivant à se sortir de l’emprise qu’il pourrait encore avoir sur lui ? C’est ce que la nouvelle tentative de suicide d’Arthur, à la fin, pourrait laisser présager. Le personnage va mal, mais il pourrait trouver la force de remonter la pente, de vouloir vraiment redevenir roi, notamment en se rendant enfin compte de l’affection que lui porte son entourage. Il est également intéressant de s'interroger sur l'implication que pourrait avoir la Dame du Lac, pour tenter de renvoyer Méléagant là d'où il vient. Beaucoup de spéculations sur la suite en perspective !



Quelques mentions spéciales pour conclure


Une phrase précise de Karadoc, dans le film, a attiré mon attention et démontre, à mes yeux que, contrairement à Perceval, Karadoc n’a qu’un respect de surface pour Arthur, élément qu’on avait déjà pu entrapercevoir dans la série (notamment lors de ce passage où Karadoc devient roi par une manipulation de sa femme, et qu’il reproche à Arthur d’être rentré bredouille d’une expédition : « Je m’excuse, je sais que j’devrais pas mais moi les mecs qui se roulent les pouces, ça me tape sur le système »). Dans le film, lors de l’attaque des Burgondes, le personnage déclare également ceci : « Oui le roi Arthur, heu… On a pas vu sa tronche depuis dix ans, il arrive. Oui heu vous allez tout effondrer. Et ben NON ! ». Le personnage me semble tout d’un coup beaucoup plus antipathique, ces éléments mis en regard ! Pas vous ?


Comme annoncé dans la partie sur les points positifs du film, je reviens également sur la place donnée à la colorimétrie dans le film. Vous aurez peut-être remarqué ce changement dans les visuels, qui passent de couleurs sombres et froides pendant les plans à Kaamelott, avec Lancelot, à des couleurs beaucoup plus vives, variées et chaudes lorsque l’on suit Arthur ou d’autres personnages, à contrario ? Ces différences viennent appuyer l’abîme entre ces deux personnages et accentue encore plus la comparaison que chacun fait entre eux, qu’il s’agisse du peuple, des anciens chevaliers, ou de Lancelot lui-même. Le message est assez subtil et bien amené, à mon sens.


Personnellement et pour finir, j’ai trouvé Arthur bien plus digne de récupérer Guenièvre, la seconde fois où ils se rendent à la tour, que de reprendre Excalibur du rocher. Que ce soit dans ses actes et sa démarche. C’est d’ailleurs l’une de mes scènes préférées du film, tant par la musique, l’intrigue, le jeu des acteurs, que par la symbolique de son acte ! Ça c'était pour la petite anecdote de l'archiviste.


C’est également en évoquant le dernier plan du film fait sur eux et sa beauté que je vais clôturer cet article hybride analyse-avis-théories.

J’espère qu’il vous aura plu et que vous aurez pris plaisir à le lire, autant que j'ai pris plaisir à le concevoir, le structurer et l'écrire ! De mon côté, je n'ai plus qu'une hâte : voir la suite arriver, afin de pouvoir vérifier si certaines de mes théories ou si certains de mes ressentis étaient fondés.


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Et vous, qu’avez-vous pensé du film ? Des points que j’ai évoqués avec lesquels vous êtes d’accord, ou non ? Quelles sont vos théories les plus folles sur les deux prochains volets ? Dites-moi tout ça en commentaire !


Christabel.





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