Vrai nom ou pseudo : quoi choisir ? [Témoignage]
- Christabel

- 29 janv. 2022
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 23 déc. 2022

Quel nom figurera sur la couverture de son roman ? Cette question, qui a son importance, la plupart des auteurices viennent à se la poser, un jour ou l'autre, lors de leur parcours. Un choix qui n'est pas toujours aisé et qui peut mener à de nombreux questionnements, tant de la part de l'auteurice, que de son entourage. Quelles raisons peuvent pousser à prendre un pseudo ? Est-il obligatoire de publier avec son vrai nom ? Peut-on changer d'avis, en cours de route, ou est-ce irréversible ? Ces questions, j'aimerais y répondre avec vous, aujourd'hui, à travers mon témoignage, et mes doutes, sur le sujet.
Plume, un pseudonyme si commun, de nos jours, décliné sous toutes les formes et qui, pourtant, ne l'était pas tant que ça à l'époque, lointaine, où je l'avais choisi. Plume, un clin d'œil poétique - que je pensais original - au passé, et aux écrivain·es qui partageaient le même amour que moi, par le biais de cet objet. Plume, qui est devenu un vrai surnom pour moi, auquel je m'identifie et réponds parfaitement, au même titre que la version raccourcie de mon prénom de naissance, peut-être plus même. Plume/Plumette, ils sont tellement nombreux les proches qui m'appellent de cette façon, désormais. Avec les années, ce pseudonyme a fini par faire partie de moi, tant et si bien que je ne le vois même plus en tant que tel, un pseudo. Sauf qu'à notre époque, des Plume il y a en a tout autant que des oiseaux, et ce petit bout de moi, il ne veut plus dire grand-chose, pour la plupart des personnes qui me découvrent. Alors quoi faire ? Persister, au risque de se perdre dans la masse ? Un site web référencé au nom de "Plume Auteur", c'est devenu un petit caillou, au milieu d'une tonne de rochers. Ou changer ? Mais perdre une part de son identité, et pour faire quoi ? Dix ans après avoir commencé à écrire une histoire (entière), pour la première fois, se pose à nouveau la question de mes débuts : quel nom figurera sur la couverture de mes romans ? C'est sur ce sujet que j'ai décidé de réfléchir, aujourd'hui.
Le nom de naissance ?
J'ai toujours beaucoup aimé mon prénom, depuis que je suis enfant. Original et plutôt-pas-mal (selon mon avis, absolument pas subjectif), sur le papier, je n'aurais eu aucune raison esthétique de ne pas le garder. Quant à mon nom, court et classique, sans pour autant avoir le petit truc qui claque de certain·es écrivain·es, je n'ai jamais eu aucun problème avec lui. Pourtant, très tôt, j'ai su que je voudrais publier en utilisant un pseudonyme, tout en sachant que mon nom ne disparaîtrait jamais complètement sous la surface (si je voulais soumettre mon manuscrit à un éditeur, en passant par le site de mon imprimeur, ou dans certains documents officiels à remplir, par exemple). L'anonymat, en 2022 (et à l'époque déjà), c'est davantage une utopie qu'une réalité, mais, malgré tout, je tenais vraiment à pouvoir dissocier ces deux pans de ma vie : celui de l'auteur, et celui qui me renvoyait inexorablement à ma famille, mes proches et à mon entourage scolaire, puis professionnel. Pour des raisons personnelles, je ne tenais pas à ce que certains membres de mon entourage sachent que j'écrivais, ni qu'ils aient un regard sur ces romans. D'un autre côté, j'avais peur du jugement de ceux que je connaissais dans la "vraie vie", encore plus si celui-ci s'avérait négatif. À l'heure actuelle, c'est toujours pour cette raison que je raconte peu, aux personnes que je côtoie, que je suis auteur. Quasiment aucun de mes collègues, entre autres, ne sait ce que je fais sur les réseaux, sur ce blog, et sur mon clavier d'ordinateur, ma hiérarchie encore moins, et c'est très bien comme ça. C'est davantage la peur de découvrir une possible déception de leur part, après lecture, qu'une honte de ma passion. Mais imaginer que mes romans sont nuls, le voir peut-être dans leur regard, en sachant qu'il pèsera sur moi tous les jours, ça ne fait qu'accentuer mon fort syndrome de l'imposteur, ma peur d'être illégitime. Je préfère passer sous silence cet aspect de ma vie, au risque de passer à côté de compliments ou de coups de cœur, n'en déplaise au gentil collègue qui aurait aimé que mes futurs romans soient mis en avant, dans notre bibliothèque. Et puis, me connaissant, je sais que c'est une porte de sortie que j'ai besoin de garder pour l'avenir. Celle de pouvoir faire table rase de tout ce que j'ai écrit, et de me faire oublier, si jamais la honte vis-à-vis de certaines de mes histoires devenait trop forte, sans que cela ne soulève de questions embarrassantes de personnes plus ou moins proches, IRL (in real life).
Un autre pseudonyme ?
Plume. Imaginer la possibilité qu'un jour on m'appelle par un nom qui n'est pas le mien, autre que celui-là, est difficile à concevoir. Même si cela fait déjà plusieurs années que je le porte, on ne change pas un pseudo comme on change de chemise, et je ne suis pas sûre d'aimer ça, de perdre une part de moi, pour devoir en recréer une autre. Le problème reste donc entier : publier avec mon identité réelle, et perdre cette distance que j'aime entre deux facettes de ma vie publique, mais bénéficier d'un référencement unique ; garder mon pseudo actuel, et n'être qu'une Plume parmi tant d'autres du même nom, me noyer dans la masse et peut-être défavoriser la promotion de mes futurs romans ; ou bien changer, ce qui implique de trouver une nouvelle identité et de renoncer à l'ancienne, à regret.
En vérité, même en arrivant au terme de cet article, je suis bien incapable de vous apporter une réponse à mon questionnement et, à l'heure où vous lirez ces lignes (sauf si vous me découvrez en 2050, alors là ça ne compte pas), tout sera toujours en suspens. Mais être auteurice, c'est aussi ça : douter, se remettre en question, chercher des conseils, hésiter encore, choisir. Plus que d'habitude, j'aimerais donc chaudement vous inviter à me partager votre expérience, vos conseils, et pourquoi pas votre point de vue, sur ce sujet et ce choix potentiel, en commentaires.
Que faut-il retenir ?
Si vous avez pu découvrir, dans cet article, mon témoignage sur le nom d'auteurice et/ou son pseudonyme, ainsi que les raisons qui peuvent pousser à favoriser un choix, plutôt qu'un autre, il reste plusieurs points, évoqués en filigrane, qui mériteraient tout de même d'être soulignés de manière un peu plus explicite.
Vous vous en doutez, mais, en conclusion, il est tout à fait légal, et possible, de choisir un pseudonyme pour publier ses écrits, sans que cela ne soit forcément obligatoire. Attention toutefois, même sous un autre nom, celui de naissance ne pourra jamais être complétement caché, lors de démarches plus officielles, par exemple (envoi à un·e éditeurice, impression via certaines plateformes (on doit donner sa vraie identité, avant de choisir d'être publié·e/imprimé·e sous pseudo), dans les mentions légales de votre site web, ou de votre entreprise, dans la déclaration de vos revenus, etc., etc.). Bien évidemment, vous n'êtes pas contraint·e, une fois votre décision prise, de continuer de publier toute votre vie avec votre nom/pseudo. Vous restez libre de changer à tout instant, peu importe les raisons. Cela doit rester un choix réfléchi, mais qui n'est pas irréversible, pas d'inquiétude ! Enfin, si vous veniez à vous fixer sur l'usage d'un pseudonyme, veillez attentivement à ce que celui-ci ne soit pas déjà pris, ou trop courant, afin d'augmenter votre référencement et votre visibilité sur Internet. À une heure où la "concurrence" est nombreuse, mieux vaut ne pas se tirer une balle dans le pied, en n'atteignant pas un lectorat qui est incapable de vous trouver, à cause de votre nom.
Christabel (PLUME).



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